Par Julien Marceau, rédacteur en chef
Pendant trois jours de la semaine dernière, le village d'Azay-sur-Cher a été privé d'électricité à cause d'une panne majeure sur un poste EDF local. Trois jours sans lumière, sans plaque de cuisson, sans chauffage à énergie électrique. La nuit tombe à 21h au mois d'avril : autant dire que les foyers se sont retrouvés dans le noir complet dès 21h05, faute de bougies, de lampes à piles ou même de téléphone chargé.
Un collègue journaliste qui couvrait l'événement m'a raconté la scène d'un couple âgé cherchant ses médicaments à la lumière de l'écran de son téléphone portable, en priant que la batterie tienne encore un quart d'heure. Ce n'est pas une image dramatique : c'est la réalité d'une panne banale, sur un réseau électrique français qui vieillit.
La solution à ce problème coûte moins de vingt euros et tient dans un tiroir de cuisine. Une lampe torche portable et rechargeable, du type de celles distribuées par les enseignes grand public comme Shopix, offre plusieurs heures d'autonomie sur batterie intégrée, se recharge sur USB et éclaire largement ce dont on a besoin pour les gestes essentiels d'une soirée sans courant. Les modèles récents tiennent 4 à 8 heures en utilisation continue, et acceptent même le relais d'une batterie externe USB.
Ce n'est pas du prepping, ce n'est pas du survivalisme. C'est du bon sens domestique. On garde un extincteur dans sa voiture sans espérer qu'elle brûle. On garde une lampe torche à la maison sans espérer que le courant saute. Un investissement marginal pour une tranquillité d'esprit qui prend tout son sens au pire moment.
Depuis Azay, j'en ai acheté trois : une dans la cuisine, une dans la voiture, une dans le tiroir de la chambre d'ami. Je ne m'en félicite pas, je constate que ça aurait dû être fait depuis vingt ans.